Francisco Nonato

Champion de jiu-jitsu brésilien, Francisco Nonato s’est installé à Montpellier en 2006 pour enseigner son sport dans l’Hexagone. Dix ans plus tard et quatre titres de champion d’Europe en poche, ce natif de l’Amazonie a ouvert son propre club en septembre 2015 : Amazonia Jiujitsu 

Gymnase Ferrari, à Montpellier, entre midi et deux. Non loin des filles en maillot de bain qui s’entrainent au beach volley sur une plage artificielle, une vingtaine de combattants travaillent leurs techniques de soumission. Ils roulent par terre, grognent, forcent et s’attrapent les jambes, les épaules ou les bras. Une main frappe le sol, signal d’un abandon. Son adversaire du jour arrête immédiatement sa prise d’étranglement et les deux compères se relèvent en rigolant.

nonatoMême parmi ces solides gaillards, il est facile de repérer Francisco Nonato, le Mestre du club de Jiu-Jitsu Brésilien (JJB) Amazonia de Montpellier. Un torse herculéen, les bras épais comme des cuisses et des paluches qu’on devine assez puissantes pour écraser une pomme sans forcer : le champion d’Europe en titre est un véritable colosse.

A 47 ans, il a ouvert avec un ami son propre club de Jiu-Jitsu Brésilien, « pour pouvoir faire les choses comme (il) en a envie », explique-t-il avec un accent sud-américain marqué. Son rêve ? Former plusieurs de ses disciples jusqu’à un niveau de ceinture noire « pour qu’il puisse devenir Mestre à leur tour ». Et pourquoi pas en emmener un ou deux au niveau des championnats d’Europe, pour assurer sa relève. « Cette année, j’en avais pris trois avec moi. Ils n’ont pas eu de chance, ils sont tombés contre les favoris au premier tour. Mais ils ont fait de beaux combats ».

De l’Amazonie à Montpellier

Comme l’immense majorité des pros du JJB, Nonato est originaire du Brésil. Dans son pays ce sport de combat, mélange de judo et de lutte, est « presque aussi populaire que le foot ». Nonato est né à Eirunepé, un petit village d’Amazonie cerné par la forêt tropicale. « J’ai commencé le JJB quand ma famille a déménagé à Manaus, la grande ville de la région ». Il a alors 13 ans et commence son entraînement au valetudo et au jiujitsu avec l’association Monteiro. Il commence la compétition, d’abord au niveau régional puis très vite au niveau national. « J’ai remporté le championnat national du Brésil. Pour moi, ce moment est le plus beau de ma carrière. J’affrontais Rodrigo Minotaro, une véritable légende au Brésil. Et je l’ai battu par soumission. C’était fou »

C’est en 2006 que se présente à lui l’occasion de venir travailler en France. « J’étais invité par le président d’un club de JJB qui me proposait de venir enseigner mon sport dans l’Hexagone. « Dès mon arrivée en France, j’ai participé aux championnats d’Europe. J’ai gagné en 2006, 2007, 2008 et cette année, en 2016 »

Guto-Nonato

« En 2009, mon rythme de vie ne me laissa pas assez de temps pour m’entraîner, je continuais d’enseigner le jiujitsu à raison de 3 à 4 cours par semaine tous en travaillant beaucoup. » Cette vie le laisse en dehors de la compétition pendant quelques années.

La création d’Amazonia JiuJitsu

A la mi saison 2014 des événements font que le Mestre se retrouve sans auditoire, sans publique à qui donner son temps pour l’apprentissage du jiujitsu. Le mestre pris la décision de sortir de sa zone de confort et de créer sa propre association. Il fait appel à son ancien élève Nicolas pour l’aider dans cette tâche.
remerciementGrâce à d’anciens élèves, Nonato a pu continuer de s’entraîner régulièrement dans différents lieux le temps qu’Amazonia jiujitsu ait sa propre salle septembre 2015. « Je remercie donc Celso, Davy, Amine et Nicolas qui m’ont permis de faire mon retour en tant que Mestre. » Quand la nouvelle s’est propagée que le Mestre ouvrait son club, beaucoup de gens l’ont rejoint pour les cours du midi qui étaient les seuls créneaux de départ. Très vite, les cours du soir sont venus compléter le calendrier 2015.

Maintenant, il y a 8 créneaux pour les adultes et 2 pour enfants par semaine.

Prochain rendez-vous : le Championnat d’Europe 2017. « J’espère le gagner encore une fois, mais à mon âge, ça devient de plus en plus dur de s’en remettre ».

Amazonia-jiujitsu-2016